Conférences

ConferencefacUne conférence à la fac de Quimper

Divers types de conférences sont proposées aux Amis:

• Organisées par le musée et présentées par le  conservateur à l'occasion de nouvelles expos.

• Sous traitées par le musée, confiées à des historiens d'Art, traitant des thèmes propres à une biographie et aux œuvres d'un peintre.Flecha roja 1

• L'école du Louvre à Quimper, le seul musée de l'Ouest bénéficiant de cette collaboration, avec le concours de notre Association: deux cycles par an, de quatre à cinq jours, dispensés à Quimper.Flecha roja 1

• Les conférences organisées par les Amis eux mêmes Flecha roja 1        

LA GISANTE MYSTÉRIEUSE

 

Le peintre Émile BERNARD est bien présent dans notre musée avec cinq de ses œuvres dont le célèbre “Bois d'Amour“ de Pont Aven.

Son histoire se poursuit avec ce tableau du musée d'Orsay et l'évocation poétique qu'en fait  Marie Hélène PROUTEAU, écrivain,  critique littéraire nantaise, membre de la  Maison des écrivains et de la littérature,

 

“Ma sœur Madeleine était très belle et très mystique“ . Émile Bernard .

 

E mile bernard madeleine au bois d amour 1888Emile Bernard (1868-1941) Madeleine au Bois d'Amour 1888 Huile sur toile H. 1,38 ; L. 1,63 mParis, musée d'Orsay© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / DR

 

Un jour de 1964, une jeune fille de 1888 vient me prendre par la main. « Madeleine au Bois d’amour », peinte par Émile Bernard, son frère. Une exposition à l’Hôtel de ville de Pont-Aven nous fait découvrir« Gauguin et ses amis ». Le cercle des peintres disparus, Gauguin, Bernard, Sérusier, Laval, Filiger, Chamaillard. Et Madeleine, au sourire d’eau claire comme la rivière.

Le temps a passé, j’ai oublié Madeleine.

Les tableaux nous choisissent. Ils nous entrent dans le coeur comme un sceau sur de la cire. Un jour, sur un panneau du musée d’Orsay, accrochée plein cadre, je retrouve Madeleine. Telle une amie longtemps perdue de vue et que l’on revoit des années après, comme si c’était la veille. Depuis, je ne manque jamais ces promenades avec la gisante mystérieuse [...] Les fantômes ne s’invitent pas n’importe où, c’est bien connu. Au Bois d’amour, Émile dessine. Il a juste vingt ans. J’imagine des voix dans le sous-bois. Un air de mandoline. Celle de Charles Filiger ? Et me parvient le bruit de cascade musicale de l’eau entre les rochers de l’Aven. J’entends un grand rire. Sûrement Gauguin qui peint deux gamins presque nus, luttant sur l’herbe au bord de l’eau. Aurait-il entrevu Madeleine dans la hêtraie ? Pour l’homme marié de quarante ans, tant de grâce à seize ans est un pur amen. Le « sauvage » comme il s’appelle lui-même ne dit pas les mots d’amour. Il préfère les cacher au creux des noeuds du bois de ce vase qu’il sculpte pour elle. Le coeur dans les mains nues.

 

L’étoffe du jour est épaisse, à peine trouée de quelques lueurs. Les couleurs, en à-plats mats sur la rivière et le bois, mendient la lumière. Allongée dans l’ermitage de verdure, Madeleine a la tête en appui sur la main droite. Cette enfantine manière qu’on lui voit sur les photos. Corps long et mince engoncé dans une robe à l’apparence de linceul. La jeune fille pétrie de songes a le regard résolu : elle est de ces êtres doux et décidés qui mènent leur vie à leur guise. Elle est seule. Enveloppée de ce silence qui tombe des grands arbres dont elle semble connaître le langage. Comme si la nature retenait son souffle, figée par on ne sait quel sortilège.

 

La scène, simple, a le halo d’un rêve. Une scène un peu somnambulique à la Delvaux. D’où l’on est, on ne peut voir si la jeune fille est près de s’endormir ou de se figer dans la mort qui flotte sur le tableau. C’est l’ambiguïté totale.

 

L’étoffe du jour est épaisse, à peine trouée de quelques lueurs. Les couleurs, en à-plats mats sur la rivière et le bois, mendient la lumière. On se croirait dans le tombeau pillé d’une princesse égyptienne.

 

Les immenses fûts des arbres, surlignés de noir, me font l’effet des barreaux d’une cage. On a envie d’écarter les branches pour laisser passer la vie vivante. Le corps juvénile, le sourire de Madeleine irradient la toile. Sa bouche finement dessinée a une expression insaisissable. Ardeur, gravité, sérénité, comment dire ? Sur quel secret ces lèvres restent-elles résolument fermées ?

 

Entre le peintre et son modèle, l’on devine une connivence absolue, le même air respiré, rythmé à la même seconde. Il suffit à Émile de voir ses yeux bleus, sa chevelure blonde déployée pour lire dans ses pensées. Entre eux est restée la complicité des commencements. L’enfance à Lille, les livres lus à l’unisson, front collé, dans la grande maison face au couvent puis le départ pour Paris. Le monde s’ouvre : il ya les conversations passionnées sur l’art, le soir, les rencontres avec les amis peintres, tel Van Gogh, le tour buissonnier d’Émile à travers la Bretagne.

 

Sa vie à elle, Madeleine ? Toute en élans et vibrations : saisir la vie au vol pour la redonner aux autres. Les autres ? Émile, surtout. Rien de plus juste que de vivre tout feu, tout dévouement pour ce frère si doué, pour son art, écrit-elle dans des lettres enfiévrées. Une évidence pour la jeune fille qui sourit comme une petite mariée qu’elle ne sera jamais. Ce besoin de vivre une vie qui n’est pas la sienne, c’est une curieuse maladie dans ce coeur de seize ans. Lui ne s’en plaint pas, prêt à lui manger la vie, corps et âme, comme un enfant tyran. Les artistes sont ainsi, préposés à leur moi. Ils veulent tout et rien que pour eux.

 

Il y a ces choses-là contenues en suspens dans le pinceau plein de tendresse douloureuse d’Émile Bernard.

 

Mais quoi, cette impression de muraille ? Pas de fleurs, pas d’oiseaux, pas de carré de ciel ? Si, au creux dérobé du tableau, se cachait un don de voyance ? Le pouvoir des peintres : n’ont-ils pas dans leursmains le nuancier de l’invisible ? Invisible pour nous mais aussi pour eux-mêmes. C’est la part sombre des présages qui palpite ici. Comme si le peintre avait pressenti la vie courte et tragique de son modèle.

 

Je l’imagine, la regardeuse de l’âme des choses. Elle est d’un autre monde, de celui où les fleurs ont unevie surnaturelle.

 

Je la vois, la silhouette à l’ombrelle blanche qui traverse le marché de la ville. Pont-Aven a trouvé sa muse. Les jeunes rapins attablés devant un bock à l’auberge Gloanec la regardent passer. Son charme fait tourner la tête à Gauguin. Il fait son portrait en le rehaussant de touches rouge désir : ces lèvres fardées, ce châle écarlate, cet oeil aguicheur, autant de promesses sensuelles qu’il sait impossibles. Dès qu’elle le pourra, Madeleine partira gagner sa vie comme modiste à Paris ou gouvernante dans diverses maisons. Après de brèves fiançailles avec Charles Laval, elle ira travailler à Nottingham. Et soudain, elle décide de tout abandonner, de partir on ne sait où. Trois ans sans donner de nouvelles à personne. La vie incognito à Genève où elle tient la bibliothèque de la gare avec une amie. Elle y fait la connaissance de jeunes exilés russes un peu bohèmes, Isabelle Eberhardt et son frère, Augustin. Puis, c’est la fuite en Corse avec lui, pour calmer les blessures de ce beau jeune homme fragile. Toujours en elle ce souci de soulager, desauver. Émile a-t-il senti bouillonner en elle tant de possibles ?

 

Étrange dormition qui sent la mort. Madeleine n’a plus que sept ans à vivre quand il la peint au Boisd’amour. Après s’être dévouée pour soigner Laval malade de tuberculose, elle finit par retrouver la trace d’Émile au Caire. Elle l’y rejoint. Trois mois plus tard, la tuberculose l’emporte à vingt-cinq ans.

 

L’ardeur se paie au prix fort.

 

Dans son visage éternel peint par Émile Bernard, demeure, intact, irrésistible, le sourire de Madeleine. Plus fort que cette vie qui l’a broyée. Avec lui, la petite momie égyptienne emporte son mystère.

 

Marie-Hélène PROUTEAU

© « La Gisante mystérieuse », chapitre de La Petite plage, (La Part Commune, 2015, sélection prix J.J.Rousseau 2016).

Flecha roja 1 Vient de paraître

“ Madeleine Bernard, La Songeuse de l’invisible, Editions Hermann, biographie non romancée.

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Conférences du Musée pour les Amis

8 février 2017

Conférence “VALENTIN de BOULOGNE  et les caravagesques français“

par Monsieur Arnauld BREJON de LAVERGNÉE.

 

Né à Rennes en 1945, ce conservateur, à la carrière exemplaire au musée de Cluny, du Louvre et de Lille ainsi qu'à la Direction des Collections au Mobilier National, a été promu Chevalier dans l'ordre natrional du Mérite et Correspondant de l'Académie des Beaux Arts. Il est coauteur du travail fondamental“ Répertoire des peintures italiennes du XVIIème siècle des musées de France“ paru en 1988 et à ce titre connaît bien la collection du Musée de Quimper.

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29 juin 2016

Visite/conférence, animée par Guillaume Ambroise, le Directeur du Musée.

 

Expo "Autoportraits du Musée d'Orsay" du 17.06 au 02.10.2016

 

Expo née d'un partenariat avec le Musée d'Orsay et les musées des Beaux Arts de Nancy, Clermont Ferrand et Quimper.haut de page

exposé érudit et passionnant, un regard nouveau sur des oeuvres très célèbres.

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L'école du Louvre à Quimper

CYCLE 2019-2020

Conf fac 1

E cole du louvre06 1

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INSCRIPTIONS

Par correspondance . Paiement par chèque

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RAPPEL

Rappel 1


COUPLES MODERNES

Web 1947 dt me with capricorn 1

au Centre Pompidou à Metz en 2018

Dorothea Tanning et Max Ernst avec sa sculpture, Capricorn, 1947 Photograph by John Kasnetsis © John Kasnetsis © Adagp, Paris 2017


INSPIRANTES INSPIRATRICES

Pierre bonnardle repos renee monchaty collection winter c photo thiery jacob 1024x742 1au Musée Bonnard au Cannet en 2018.

Pierre Bonnard “le repos“. Renee Monchaty. Collection Winter © photo Thiery Jacob


Dali and gala in new york in 1952

Gala et Dali à New york en 1952


Dora maar picasso post 1Dora Maar et Picasso. ± 1937. par Man Ray


Sonia robert delaunay 1

Sonia et Robert Delaunay. ± 1937

ÉCOLE DU LOUVRE: LES DIFFÉRENTS CYCLES PROPOSÉS DEPUIS L'ORIGINE EN 2005

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Conférences des Amis pour le public

 

Œdipe et le sphinx

 

 

 

Indépendamment du Musée, l'association des Amis organise des Conférences, principalement orientées sur les thèmes artistiques;  animées par des Conservateurs, Écrivains, Experts, reconnus comme éminents dans leurs domaines.

Ces Conférences, annoncées par la Presse Locale et sur notre site, sont ouvertes à tous les publics.

26 septembre 2019

 

Filiger cariou“Correspondanes et sources anciennes“

le dernier ouvrege d'André Cariou

André CARIOU

Charles FILIGER(1863-1928)

Andre cariou ancien conservateur du musee des beaux arts de 4494876 1

La salle de la médiathèque était comble, André Cariou, comme à son habitude érudit et précis mettait en exergue toute l'ambiguïté de ce peintre de la couleur qui choisit l'obscurité et une existence plombée par la solitude, la maladie, la pauvreté et l'alcool.

 

 

Filiger 1Famille de pêcheurs

 

 

 

Arearea by paul gauguin joyfulness 1892

3 octobre 2017

Les femmes vues par Sérusier et Gauguin

Caroline boyle turner 1

conférence, organisée par les Amis animée par Caroline BOYLE - TURNER

Historienne de l'art, professeur et commissaire de nombreuses expositions, Mme Boyle-Turner est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Paul Sérusier, Jan Verkade, Paul Gauguin et les nabis.

 

 

paul se rusier

28 avril 2009

La lutte de Jacob avec l'ange.

 

2007 invitatation sermon 1

• en savoir plus

 

 

 

Paul gauguin 1Vision après le sermon. Paul GAUGUIN. 1888

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Cariou gauguin

André CARIOU ConservateurPere mazeasLe Père Michel MAZÉAS